Verdict : 96/100

Avant tout, je vous précise que j’ai acheté la Switch Day One avec Zelda. Toutefois, je ne suis pas un joueur « pro », ni un génie de la manette mais un simple amateur. Je vais donc vous présenter mon point de vue de joueur lambda après une trentaine d’heures de jeux.

Au croisement de la « Légende » et de son renouveau

L’histoire de base est un classique Zelda : Link se réveille après un long sommeil d’une centaine d’années dans la « Chambre de la résurrection ». Une voix l’appelle. Ainsi va commencer cette aventure dans un Hyrule largement dévasté.

Pour comprendre ce qu’il s’est passé il y a un siècle, découvrir sa destinée et sauver la princesse Zelda, Link devra faire appel à plusieurs personnages capables de lui conter les événements antérieurs à son sommeil et aura à interagir avec son environnement.

Cette épopée s’inscrit bien dans « la légende » des opus précédents dont elle en reprend les meilleurs éléments narratifs ; vous serez heureux de retrouver un bestiaire bien connu, fait d’animaux réels et fantastiques, et des peuples et villages que vous avez l’habitude de rencontrer si vous êtes un fan. Si vous jouez pour la première fois à Zelda, vous ne serez pas perdu non plus tant le background narratif est bien ficelé et le scenario se suffit à lui-même.

L’avancée dans l’histoire principale se fera naturellement (bien que parfois très difficilement), quelque soit le chemin que vous choisirez. C’est la grande force de ce Zelda : tous les chemins mènent au grand méchant Ganon ! Le monde d’Hyrule reste ancré dans l’univers fantastique classique mais avec aussi une importante empreinte de la technologie « antique» et des stigmates d’une guerre déjà ancienne.

Une anecdote sympathique rapportée par Kotaku montre le nouveau chemin pris par ce Zelda. Lors de son premier essai du jeu, le créateur de la saga, Shigeru Miyamoto, aurait passé sa première heure de jeu à quelques mètres de la sortie du Sanctuaire de la résurrection de Link. Il aurait passé ce temps à tester l’environnement : monter aux arbres, escalader les falaises et courir dans les champs…

Miyamoto aurai ainsi compris que découvrir, explorer et escalader reste aussi prenant que de combattre ou de suivre une trame scénaristique. L’essence même de ce nouveau Zelda…

Un jeu et une console pas au niveau technique ?

Visuellement ce Zelda est superbe.

La Switch est loin d’être la console la plus puissante du marché ; ses performances peuvent même être jugées légères en comparaison des PS4 et Xbox One. Mais cela fait des années que Nintendo a abandonné la course à la puissance au profit du fun. Avec le combo Switch / Zelda Breath Of The Wild, le contrat est parfaitement rempli ! Le jeu est même étonnamment beau compte tenu de cette faible puissance. Il est clair que quelques maigres « bugs » visuels ou très légers ralentissements peuvent poindre de temps en temps mais, à mon sens ils n’entachent en aucun cas le plaisir du jeu.

En dehors des inconditionnels du pixel parfait, de la 4K et de ceux pour qui le jeu est d’abord un « film », je ne pense pas qu’on trouve à redire. En clair, adorateurs de la PS4 Pro « only », passez votre chemin, les autres seront heureux.

Un gameplay à la hauteur

Coté gameplay, Big N nous donne un ENORME panel… Il y aurait presque 400 armes dont plus de 120 armes de poing différentes :

  • épée, boomerang, lances, massues, haches, marteaux mais aussi des outils agricoles et quotidiens) ;
  • 26 arcs (avec la fonction gyroscope de la console qui aide a affiner les tirs) accompagnés de 8 types de flèches différentes ;
  • plus de 40 boucliers avec des fonctions différentes ;
  • des techniques de combats simples mais dont la parfaite maîtrise sera nécessaire ;
  • une voile de vol ;
  • de la nage, de l’escalade, du cheval (et autres montures surprises) ;
  • une interactivité des décors ;
  • de l’exploration avec une map tout simplement immense

Et tout ça pour affronter 160 ennemis différents.

La cuisine, sur la base de 83 animaux, de restes de monstres et de 35 matériaux supplémentaires permettent de confectionner 122 plats et 11 remèdes différents.

Cette dernière fonction atteint des sommets puisqu’il vous faudra préparer avec les ingrédients récoltés lors de vos explorations des plats ou des potions en réfléchissant aux effets de chacun (par exemple manger très épicé pour supporter le froid ou possibilité de cuisiner des remèdes) ; bien que les ingrédients soient extrêmement variés, la « tambouille » s’avère claire et intuitive après quelques essais.

Coté réflexion, une centaine de sanctuaires à visiter sont disséminés sur la carte et vous offrirons de beaux casses têtes.

Link possède aussi de très nombreux pouvoirs spéciaux pour répondre aux situations les plus variées (combats, casses têtes et exploration). Je vous laisse la surprise mais la fonction gyroscope et les différentes fonctionnalités des manettes de la Switch vous seront d’une grande utilité.

Là où la plupart des jeux ne permettent d’acquérir certains des pouvoirs les plus intéressantes qu’en fin de partie, The Legend Of Zelda – Breath Of The Wild nous les offre dès les premières heures de jeux. Vous avez ainsi le temps de les comprendre, de les dompter et d’en essayer toutes les subtilités. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ce ne sera pas de trop car le jeu, facile d’un premier abord, s’avère très complexe.

Tout se réfléchit : comment allumer un feu, quel trajet prendre, quel moyen de locomotion choisir (la téléportation, très pratique, ne permet pas de faire de la chasse ou de la cueillette nécessaire pour le jeu), comment s’habiller en fonction du temps, quel stuff garder et lequel vendre… En effet, les rubis, faciles à trouver et acquérir dans les précédents opus, seront ici assez rares : c’est la crise même sur Hyrule !

Enfin, autre complexité intéressante : si le stuff, varié, facile à trouver ou à acquérir (boutiques, marchants ambulants, coffres, quêtes mais aussi les restes de vos ennemis battus), il n’en demeure pas moins qu’il s’use vite. Il faudra constamment réfléchir à quelle arme utiliser pour quelle situation, laquelle prendre ou laquelle abandonner, quel bouclier utiliser, être défensif ou offensif, méthode frontale ou méthode douce pour économiser le stuff… Chaque heure de jeu sera l’objet de nombreux choix cornéliens. Vous allez mourir. Souvent. Il faudra apprendre de vos erreurs pour vous améliorer et parfois même renoncer pour revenir plus tard.

Manette Switch, jeux en mode nomade ou manette Pro

La question qui a enflammé le web au lancement de la Switch avec Zelda est : manette pro ou Joy-Con ?

Personnellement j’ai acheté la manette pro « au cas où ». Mais j’avoue que pour 70€, le choix peut être difficile, financièrement parlant, même si cela promet quelques 40 heures d’autonomie.

Comme pour les modes du jeu Zelda, la Switch offre de nombreux choix.

Jouer en nomade sur l’écran de la Switch avec les Joy-Con attachés

J’ai lu de nombreux avis indiquant que les boutons sont mal placés, qu’ils sont trop petits, que les boutons L et R sont trop près des ZR et ZL….

Soyons clairs, pour n’importe quel joueur qui a déjà joué sur une console nomade Nintendo, les boutons sont tout à fait corrects et bien placés. Ils sont même assez solide (comme on a pu le voir sur des démontages de consoles sur le net, les boutons sont moulés avec les lettres qui ne s’effaceront pas). Les deux sticks directionnels ont eux aussi l’air très solide et ne présentent pas les défaut de la manette PS4 (ou ces sticks s’abîment et se désagrègent avec la transpiration des doigts). C’est le stick de droite, sous les boutons, que de nombreux internautes trouvent gênant et il convient de bien tenir la tablette et placer sa main pour ne pas ressentir de gêne.

Effectivement, ça pourrait être mieux surtout pour ceux qui sont habitués aux manettes hyper ergonomiques. Mais c’est comme conduire une voiture : ce n’est pas parce que vous avez conduit une Ferrari que vous ne savez plus conduire une 4L.

Franchement, ceux qui veulent faire un petit effort pour s’adapter 10 minutes y arriveront si tant est que ce soit un problème. Pour moi, possesseur de plusieurs consoles (Nintendo, Xbox, Playstation…), clea n’en a pas été un.

Reste à savoir comment ça marchera pour les enfants avec leurs petites mains.

Les Joy-Con en mode manette

Le combo manette s’avère bien « faire le job ». L’ergonomie est meilleure et la prise en main est un petit peu plus confortable.

Le seul défaut est que les Joy-Con doivent être repositionnés sur la tablette pour être rechargés. Même défaut minime pour les boutons qu’en mode tablette pour ceux qui ne veulent pas faire d’effort.

J’ai écouté le podcast de « La voie du Geek », l’épisode du 7 mars 2017 que je vous conseille, où ces joueurs quasi professionnels indiquent que la manette est parfaitement suffisante.

La manette pro

De son côté, la manette pro offre un peu plus de confort et surtout une solution de recharge indépendante et plus facile (pas tout à démonter du mode manette, aux Joy-Con, à remonter sur la tablette).

Les boutons sont mieux placés et le stick de droite que certains trouvent embêtant est légèrement décalé.

Nintendo s’est même amusé à rajouter un petit message pour remercier les joueurs du monde entier, sympa.

Bref, quel que soit le mode de confort ou de facilité choisi, vous arriverez a jouer à Zelda sans que cela vous gêne dans les fonctionnalités. On dirait que la console a été crée pour Zelda et avec Zelda (alors qu’on sait que Zelda devait initialement d’abord sortir sur la WiiU et a pris du retard).

Chaque touche a son utilité et la prise en main se fait facilement. A saluer, l’heureux placement de la touche « + » qui permet de changer de stuff en cours de combat lors d’une pause salutaire sans manipulation complexe. La touche « – » quand à elle vous permettra d’accéder à la carte, son marquage et à certaines fonctionnalités particulières.

Notes

Gameplay
Graphisme
Intrigue
Intérêt

A vous de faire votre légende !

Vous l’avez compris, même s’il s’avère particulièrement intuitif (malgré ses nombreuses possibilités), c’est un Zelda difficile auquel vous aurez à faire face. Pour être très honnête, n’étant pas un joueur de haut vol, je ne sais pas si je serai capable de terminer ce jeu ; mais le plaisir de jouer et la magie d’Hyrule restent bien présents. Le plaisir est décuplé par la possibilité de commencer sa partie sur la TV puis la terminer en mode nomade.

Le panel de jeux proposés au lancement de la Switch n’était pas énorme, mais il n’y en a pas besoin ! Nintendo, c’est Mario et Zelda… et ce Zelda va vous occuper un très long moment avant que vous ayez besoin de changer de jeu.

Avec cet opus ils sont passés du coté « mature » de Zelda, ils en ont changés toutes les arcanes narratives linéaires habituelles tout en conservant la substantifique moelle : il ne reste plus qu’a chacun de faire sa propre légende !