Verdict : 86/100

Les jeux de plateformes existent depuis les débuts des jeux vidéo. Ceci étant dit, il faut tout de même avouer que les développeurs redoublent d’ingéniosité pour renouveler le genre, ou en tout cas l’expérience de jeu. Nous avons testé pour vous Splasher, un plateformer développé par les petits français de la Splash Team et que nous passons tout de suite à la moulinette.

Un petit héros agile

L’infâme Docteur, big boss de la méga-usine de peinture Ink Corp ne pense qu’à une chose : maximiser ses profits. Ses employés, les Splashers ne sont que des pions dans ses plans de domination financière. Les méthodes peu orthodoxes qu’il emploie pour les contraindre à coopérer vont être découvertes par l’un d’entre eux et il va prendre son courage à deux mains pour sauver ses collègues.

En plus de son courage, notre vaillant Splasher a de bonnes jambes qu’il va utiliser pour courir à toute allure à travers les différentes zones de l’usine. Il sera également armé d’un pistolet à peinture qui élargira son panel d’actions. Doté de trois canons, cette arme pourra éliminer certaines sentinelles ennemies grâce à l’eau, créer des zones d’adhérence sur les murs ou les plafonds grâce à la peinture rouge et enfin des zones rebondissantes grâce à la peinture jaune.

Une maîtrise certaine

L’armement du Splasher se construit au fur et à mesure de la progression dans les niveaux. Au début, on ne peut utiliser que l’eau pour se débarrasser des ennemis et c’est déjà bien suffisant. Il faut en effet prendre ses repères dans cette immense usine remplie de pièges. Les scies circulaires vrombissent de joie à votre approche, les bains de produits toxiques bouillonnent et les plateformes sécuritaires se font rares. Il faut également compter sur des mécanismes à actionner pour ouvrir des portes ou déplacer le bout de surface sur lequel vous êtes accroché.

Si l’on ajoute à cela des geysers qui propulsent le personnage vers d’autres cieux, d’autres dangers et parfois (souvent !) une mort certaine, on peut dire que l’on est bien occupé dans le jeu. Mais les nombreux checkpoints permettent de reprendre la progression sans trop de frustration. Splasher est un jeu de plateformes simple dans sa description mais complexe dans la maîtrise totale. Il faut comprendre par là qu’il est ultra exigent, et que vous mourrez beaucoup. Mais vous mourrez pour une seule raison : un manque de vigilance ou de doigté de votre part parce qu’il faut l’avouer, les contrôles sont parfaitement calibrés. Le personnage répond à la moindre impulsion du joystick ou des boutons et votre précision dans l’exécution est la seule condition de votre réussite.

Des objectifs multiples pour varier les plaisirs

Splasher offre également un challenge varié puisqu’il ne suffit pas de rallier le départ à l’arrivée en un seul morceau – ça n’est pourtant pas si simple. Il faut également, comme tout bon héros à combinaison qui se respecte, sauver vos acolytes dans les niveaux. Au nombre de six, ils sont généralement en mauvaise posture, englués dans de la peinture rouge ou coincés dans une zone de quarantaine dans laquelle il faudra être plus malin que les ennemis. Chaque Splasher à secourir a une lettre inscrite sur son uniforme et vous permet d’inscrire S.P.L.A.S.H. sur votre tableau de score. Il faut surtout sauver le plus de Splashers possible afin de débloquer les niveaux supérieurs.

Un septième Splasher vous attend sagement à la fin de chaque niveau mais lui est enfermé dans une cage dont l’ouverture est conditionnée par une rançon. Son montant ? 700 pièce-gouttes. Il s’agit là de peinture étalée à travers les niveaux ou contenues par les ennemis qui vous la reverseront lors de leur élimination. Certains ventilateurs sont également des réserves de pièce-gouttes et vous faudra tous les trouver pour ne pas vous retrouver démuni face à votre dernier ami à libérer. Sauver le Splasher doré vous ouvrira l’accès au mode contre la montre du niveau dans lequel vous l’avez trouvé. Une autre façon de parcourir le jeu et de tenter de nouveaux chemins, plus rapides et d’inscrire son nom en haut des classements en ligne. Le jeu propose également de le parcourir en mode speedrun et donc d’enchaîner les niveaux sans retour au menu de sélection.

Une ambiance à la hauteur des contrôles

Le style graphique de Splasher tout en cartoon à gros contour est très plaisant. Les couleurs sont vives, les éléments du jeu facilement reconnaissables donc on ne se prend pas les pieds bêtement dans une flaque de peinture. Même si l’ensemble de l’aventure se passe à l’intérieur d’une seule et même usine, les environnements sont variés, comme les challenges apportés par les éléments du décor, les geysers, les plateformes mobiles ou encore le vent.

Le jeu est également rempli d’humour, que ce soit dans l’attitude des personnages lors des courtes cut-scenes, l’animation des ennemis mais aussi dans le nom des niveaux. Chacun est en effet une référence détournée en mode Splasher, c’est sûrement un détail pour vous, mais pour nous ça veut dire beaucoup. Les oreilles ne sont pas en reste puisque la bande-son du jeu vous plongera dans des sons électro qui rythment la progression du héros. Si celui-ci meurt, ou plutôt quand celui-ci meurt, la bande-son déraille pour vous emporter un peu plus dans l’instant dramatique.

Notes

Gameplay
Graphismes
Histoire
Intérêt

Conclusion

Splasher est un jeu de plateformes exigent mais dont l’exécution est parfaite. Les contrôles sont ultra-précis et le challenge est au rendez-vous mais en dose progressive. Ne vous leurrez pas, on meurt beaucoup dans le jeu mais on en redemande ! Les différents personnages à sauver et la peinture à récolter sont d’excellents prétextes pour toujours tenter d’aiguiser notre doigté et notre timing. L’ambiance cartoon coloré est plaisante et est bien retranscrite dans la bande-son qui reflète également très bien l’humour omniprésent dans le jeu. Splasher est un excellent jeu qui se savoure aussi bien en doses homéopathiques qu’en longues sessions de speedrun. Un must-have, finalement.

Splasher est disponible sur l’eShop pour 14,99€.

Le test a été réalisé sur la version 1.0.0 gracieusement fournie par Playdius.