Verdict : 55/100

Le jeu vidéo est un art, une plateforme d’expression qui permet d’aborder tout un tas de sujets qui sont souvent tabous ou difficile d’accès. North est une création d’Outlands, édité par Sometimes You qui vous plongera au cœur d’un sujet d’actualité : être un réfugié.

Livré à vous-même

North commence par vous prévenir qu’il est conçu pour être joué en une session de jeu, ce qui prend environ une heure pour le premier essai. Nous voici donc lancés dans une expérience vidéo-ludique hors du commun. On incarne un homme qui a traversé le grand désert pour attendre une grande ville du Nord. Il vit en colocation avec d’étranges créatures et a obtenu un travail difficile physiquement et pas très gratifiant. Il envoie des nouvelles régulièrement à sa sœur restée dans le Sud.

On n’en dira pas plus sur l’intrigue du jeu, le principe étant de découvrir tout cela par soi-même à travers les activités du protagoniste principal. On joue à la première personne pour encore plus d’immersion dans ce monde où on se sent vraiment comme un cheveu tombé sur la soupe. Rien dans l’environnement ne nous guide pour comprendre ce qu’il faut faire, il faut explorer les lieux pour que le personnage puisse relater ses découvertes dans ses lettres. Il faut ensuite les poster dans l’une des boites aux lettres de la ville, c’est seulement à ce moment là que l’on peut consulter leur contenu et comprendre ce que les développeurs veulent nous faire faire. C’est en effet dans ces écrits que sont cachées les instructions pour les différents puzzles à résoudre.

Une maniabilité hasardeuse

Le principe du jeu est particulièrement original et le sentiment d’être un parfait étranger dans un nouveau monde est très bien retranscrit. L’expérience serait excellente si le gameplay était un peu mieux pensé. Les déplacements du personnages sont lents, le contraste du jeu est trop sombre pour s’orienter convenablement, certaines rampes étant tout bonnement invisibles dans cette version Switch car en ton sur ton avec le reste de l’environnement sombre.

Le fait de devoir toujours revenir à une boite aux lettres pour comprendre ce qui nous est demandé ressemble au bout de quelques allers-retours à une extension artificielle du temps de jeu global et avec la lenteur du personnage, une épreuve fastidieuse. Nous avons également été bloqué par quelques bugs qui empêchait certains items d’être utilisés après un échec ou par une chute d’une plateforme nous obligeant à quitter le jeu pour le recommencer à zéro.

Une ambiance cyberpunk

Vous l’aurez compris, North est une bonne idée à l’exécution qui aurait mérité un peu plus de précision. L’ambiance graphique est à l’image des contrôle, un peu floue et hasardeuse. Les environnements sont constitués de gros polygones lisses ou à la texture d’un autre temps. Les autres protagonistes rencontrés sont animés très simplement et on n’a pas de moment où on est impressionné par la technique des développeurs.

La bande son, décrite comme dark synth-pop, est conforme à son intitulé et est peut-être la chose la plus sympathique du titre après son concept. On en profitera donc un petit peu entre deux moments de frustration intense.

Notes