Verdict : 93/100

Cuphead est un jeu sorti en 2017 sur Xbox, propulsé sur l’eShop de la Nintendo Switch ce 18/04/2019 avec l’aide assez improbable de Microsoft. Nous avons choisi de plonger à corps perdu dans ce run and gun caféiné. Si mourir souvent n’est pas votre tasse de thé, passez votre chemin. Mais si la difficulté ne vous fait pas peur, sirotez cette review avec nous.

Deux héros à tête de tasse

Cuphead et Mugman sont deux frères à tête de tasse qui vivent sur l’Île Aquarelle. Le Sage Samovar qui veille sur eux leur avait toujours conseillé de ne pas trop s’éloigner de chez eux. Mais comme tous bons héros de jeux vidéo, ils n’ont pas vraiment suivi la consigne et se sont retrouvés devant le Casino du Diable. N’écoutant que leur curiosité, les deux comparses entrèrent et jouèrent aux dés avec une chance de tous les diables. Ce qui ne manqua pas d’être remarqué par le gérant des lieux, le chef des Enfers en personne. Il proposa au duo un pari toujours plus osé : l’ensemble des richesses du Casino s’ils gagnent leur prochain lancé, ou donner leurs âmes s’ils perdent. Cuphead, toujours prêt à gagner de l’argent facile lança les dés sans réfléchir et avant d’entendre son frère émettre un doute. Les dés les feront évidemment perdre… mais une négociation fut alors entreprise par les deux héros pour payer leur dette autrement. Ils acceptèrent alors la mission de récupérer les âmes de ceux qui doivent de l’argent au Diable, avant le lendemain minuit. Et croyez-nous, cela ne sera pas une mince affaire.

Nous voilà ainsi embarqués dans cette grande aventure à la recherche d’âmes pour le Diable afin de sauver les nôtres. Il faudra sauter (B), tirer (Y), esquiver (X) et parfois utiliser des pouvoirs spéciaux pour vaincre tous ces vilains qui n’ont pas payé leur dettes. Faire affaire avec le Diable n’étant pas chose aisée, personne ne se laisse faire et il faudra redoubler d’efforts et de dextérité pour gagner. Cuphead met l’accent sur les combat contre des boss aux patterns réguliers mais qui varient en fonction de leur état de santé. On apprendra, souvent à nos dépens -oui, par la mort complètement idiote de notre personnage- les schémas répétitifs et on retentera de vaincre encore et encore.

Une maniabilité inspirée d’un autre temps

Cuphead propose un gameplay qui va droit au but avec quelques actions de base mais il faudra les maitriser à la perfection pour espérer progresser dans le jeu. Notamment la fonction de tir dans huit directions comme à l’époque des jeux 8 et 16-bits. On passe alors les premiers niveaux à caler notre position pour atteindre les ennemis efficacement dans les diagonales. Les réflexes viennent cependant assez vite donc n’ayez pas trop de crainte là dessus. Le jeu propose comme dit plus haut pas mal de combat contre des boss qui est le coeur de l’aventure. Ceux-ci sont jouable dans la difficulté machiavélique définie par les développeurs mais aussi en version plus facile pour assurer une progression moins frustrante aux moins aguerris. Il faut tout de même savoir qu’il sera nécessaire de repasser sur les niveaux en difficulté standard pour débloquer l’ensemble des niveaux du jeu. Mais c’est avec de l’entrainement que l’on devient meilleur et le jeu l’a bien compris et nous y encourage souvent.

En effet, à chaque fois que les mots “You Died” s’affichent à l’écran, votre âme de joueur pleure un petit peu, mais vous pouvez également voir votre progression dans le niveau. Et à chaque fois que l’on revoit cet écran fatidique, on s’aperçoit assez rapidement que le petit bonhomme avance et se rapproche, doucement mais surement, du drapeau marquant la fin du niveau. Cuphead demande une attention de tous les instants pour éviter les nombreux dangers mis sur notre route dans les niveaux de boss mais aussi dans les run and gun où l’on court et l’on tire, comme leur nom l’indique, ou dans les quelques passages en shooter en avion. Les plaisirs sont variés et malgré la difficulté d’une autre époque où l’on n’a que trois impacts autorisés, la frustration n’apparait pas vraiment. On est plutôt encouragés à retenter encore et encore… et encore jusqu’à parvenir à passer au niveau suivant. Parce que la maniabilité du personnage répond au doigt et à l’oeil et qu’on ne peut donc pas en vouloir au jeu mais uniquement à un clignement d’oeil un peu trop lent qui nous a fait rater un franchissement d’obstacle.

Un voyage dans un dessin animé

Le plaisir de parcourir les niveaux de Cuphead vient également de sa direction artistique impeccable. Inspirée des dessins animés des débuts de Walt Disney, chaque élément est dessiné à la main et les animations sont fabuleuses. On a l’impression de contrôler un film d’animation de l’époque et on se perd parfois tout simplement parce qu’on a admiré le travail graphique une fraction de seconde de trop. Pour encore plus d’immersion dans ce monde merveilleux, un filtre visuel crépite quelque peu pour simuler une image diffusée sur tube cathodique, comme dans notre enfance. Enfin, on n’était pas là dans les années 30 mais on a tous vu et revu les Looney Tunes et autres dessins animés classiques.

L’ambiance musicale du titre n’est pas en reste puisque sa bande-son jazzy rythme chaque étape de notre périple. Le jeu préconise d’utiliser un casque pour profiter au mieux de l’atmosphère sonore et on ne peut que vous le conseiller également. Le travail musical est formidable, on profite de pistes diverses et variées dans un style rétro avec des cuivres à ne plus savoir où donner de la tête. Les bruitages du jeu font délicieusement références aux cartoons de notre jeune temps aussi, aidant à l’attachement pour ce jeu diabolique. L’effet phonographe apporte ce petit souffle et ces savoureux craquements qui ajoute toujours plus d’authenticité. Le jeu est un bonheur pour les oreilles, pour les yeux et même si les nerfs sont mis à rude épreuve, on s’amuse beaucoup à souffrir. Le partage étant la meilleure des choses, on peut parcourir l’enfer vidéoludique qu’est Cuphead accompagné d’un ami en coopération. Si en théorie cela rendra les choses un peu plus aisées, l’action frénétique étant multipliée par deux, cela ne permettra pas vraiment de souffler. Mais souffrir, apprendre, progresser et vaincre ensemble n’est alors que plus gratifiant.

Notes

Graphismes
Gameplay
Rejouabilité
Intérêt

Conclusion

Cuphead et Mugman on fait un pari fou avec le Diable et choisir de jouer au jeu de StudioMDHR pourrait bien vous faire frôler la folie. Le titre propose un gameplay calibré à la perfection, une ambiance cartoon jazzy complètement dingue et une difficulté qui pourra en rebuter certains. Les niveaux alternent action-plateforme dans les run and gun et shooter dans les niveaux en avion tout en axant son coeur d’action sur les combats contre des boss impitoyables. Jouable en solo ou en duo en local, Cuphead permet de passer un très bon moment à mourir, apprendre, réessayer et enfin -éventuellement- gagner. Cuphead est un excellent ajout à la ludothèque de la Nintendo Switch que tous les amoureux de jeux d’action-plateforme se doivent de posséder et rêveront de maitriser.

Review réalisée sur la version 1.2.2 gracieusement fournie par StudioMDHR.

Cuphead est disponible sur l’eShop de la Nintendo Switch depuis le 18/04/2019 pour 19,99€.