Verdict : 85/100

Que se passerait-il si demain, le Soleil ne se levait pas ? Qu’adviendrait-il de nous, pauvres humains, si le jour n’était qu’une éternelle nuit. Nous nous tournerions alors vers l’astre lunaire en lui posant une simple question : “mais où est donc passé le Soleil ?” La Lune, en bonne amie, se lancerait alors dans une épopée à travers les étoiles pour retrouver son collègue astral. Tel est le scénario simple mais poétique de 6180 The Moon.

Un scénario teinté de poésie

Une petite Lune part à la recherche de son ami le Soleil. Elle va rencontrer au long de son périple certaines connaissances. Elle arrive d’abord face à sa cousine, la Terre. C’est de cette dernière que la complainte est partie. Le jour ne se lève plus sur Terre et les humains se plaignent de la nuit infinie. Et là, face à la planète bleue, la Lune lui pose une simple question. Pourquoi la Terre s’en fait-elle tellement pour ce parasite qui lui coupe les cheveux pour s’éclairer ? Les humains ne font pas attention à leur planète alors pourquoi devrait-elle faire attention à leur bien-être ?

Alors quand derrière vos joy-cons, vous assistez à la scène, vous vous sentez petit. Si minuscule face à l’immensité, si inférieur, si … parasite. La Lune va tour à tour rencontrer Venus la superficielle puis Mercure le paranoïaque. Et à la fin de cette épopée, va-t-elle retrouver son Soleil ? Nous vous laissons le loisir de découvrir le dénouement. Le scénario est la bonne surprise de ce jeu. Tout en poésie et en petites phrases qui font mouche. La recette prend. Quand jeu de plateforme rime avec facéties, on est forcément conquis.

Un gameplay frustrant mais prenant

Un jeu de plateforme est composé … de plateformes. Oui, évidemment. Mais ici, le genre est révolutionné. Vous n’utilisez au final qu’un ou deux boutons sur votre manette. Le stick directionnel a une utilisation limitée. Vous pouvez vous déplacer de haut en bas et de droite à gauche. Mais c’est surtout entre le haut et le bas qu’il va falloir composer. Dès que la Lune saute, elle passe directement dans le plafond et réapparaît par le sol. Aucun moyen de doser votre vitesse sauf en jouant avec la gravité.

D’abord, les quelques plateformes sont uniformes. Puis apparaissent celles qui se brisent au moindre contact avec votre boule lumineuse. Mais les plus frustrantes sont celles qui disparaissent. Votre Lune n’a pas de barre de vie ou de nombre de vies limité. Cependant, vous devez recommencer dès qu’elle frôle le moindre pic. C’est là que la frustration commence. Alors, oui, être frustré cela fait partie d’un jeu de plateformes. Ici, on ressent un peu l’impression parfois de piloter un véhicule obsolète.

Certains tableaux sont d’une facilité déconcertante quand d’autres vous résistent un peu trop. C’est peut-être là le bémol. Il existe deux modes de jeu. Le premier dans un sens (de la Lune au Soleil) et le deuxième en sens inverse (du Soleil à la Lune). De quoi allonger la durée de vie, un peu courte pour le coup.

Question technique, rien de surprenant

Côté graphismes, c’est simple et efficace. Les décors sont bien uniformisés que l’on soit sur grand écran ou en mode portable. Les différents niveaux sont différenciés grâce à leur éléments de gameplay mais aussi avec le fond qui change de couleur. Un bon point là aussi. Les couleurs ne sont ni criardes ni fades. Des couleurs que l’on s’attend à retrouver dans un jeu comme celui-là. L’effet est réussi. On a une ambiance spatiale dans un décor où les plateformes sont parsemées au gré de la difficulté du tableau en cours.

Un bon point encore pour la musique. Elle change légèrement d’un niveau à l’autre. Mais cela s’articule dans la même gamme de notes. L’avantage se résume dans le minimalisme du son. Il permet une totale immersion dans le jeu et ne nous fait pas perdre notre concentration. Ce n’est pas le genre de musique qui va vous rester dans la tête. Mais elle vous accompagnera subtilement dans vos tentatives d’atteindre le rond final. Au final, la technique est telle qu’on l’attend dans un petit jeu comme celui-ci. Néanmoins le jeu freeze pendant les phases de dialogues, dommage.

Notes